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Plantations d’avril sous serre

Au mois d’avril, les plantations commencent doucement. André a fait le choix de commencer la saison sous serre assez tard ; c’est l’avantage du magasin de producteurices : d’autre maraîchers fournissent les primeurs. Avec les gelées bien costaudes de ces derniers jours, ce choix était astucieux.

Avant de planter sous serre, il a fallu monter la 3e serre. Ce fut beaucoup plus facile que l’année dernière car les amarres étaient déjà dans le sol. Donc au fur et à mesure de l’hiver André avait avancé  : barres de cultures, arceaux, bâche et dernière étape, la porte de serre. Ça permet aussi de montrer le petit changement de cette année : il n’y a que 2 planches. En effet, avec 3 planches le tracteur passait à peine sur les bords, et surtout au milieu ce n’était pas une vraie planche. La densité sera aussi moindre, donc l’aération meilleure, et j’espère les rendements !

Serre

Les aubergines ont été plantées le 31 mars. Encore assez petites à la plantation, nous ne les avons pas tuteurées de suite. Heureusement, car avec les gelées André a mis des arceaux, que nous utilisons habituellement en plein champs pour les tunnels nantais, et par dessus du P30. Le P30 est le grand voile blanc que vous voyez sur la photo. C’est comme une couverture qui permet de gagner environ 2-3°. S’il y a juste une petite gelée à 0°, sous le P30 ça ne gèlera pas. Il existe aussi le P17, c’est le même principe, mais le tissage est moins dense et réchauffe un peu moins. En cas de très forte gelées, il est possible de mettre deux couches de P30.

Aubergines

Deux semaines plus tard, c’est le moment de planter les tomates ! Croisons les doigts pour qu’il n’y ait plus de gelées. Nous avons 4 planches, 4 variétés. André s’est positionné sur la tomate ronde rouge classique, il fait donc les variétés suivantes : Cindel (déjà faite l’année dernière, fruit assez petit) Cobra (fruit légèrement allongé, un classique des maraîchers), Paola (fruit un peu plus gros, un classique des maraîchers) et Amerigo (ça c’est un test, normalement ça fait des tomates assez grosses, mais pour le rendement et la goût ce sera la surprise !)

Parlons un peu technique. C’est de la tomate greffée (comme pour l’aubergine, j’ai oublié de l’écrire au-dessus) dont la tête a été coupée au dessus de la 2e feuille. Un gourmand va se développer au-dessus de chaque feuille. Nous conduirons donc ces tomates sur deux bras. Les plants sont plantés tous les 40 cm sur une seule ligne. Au tuteurage un plant sur deux ira à droite et un plan sur deux à gauche : les deux têtes seront espacées de 40 cm sur le rang. Vous aurez les photos lorsqu’elles seront tuteurées. Vu leur taille, nous attendrons au moins deux semaines.

Tomates

Tomates

À la plantation, nous devons de suite commencer à nous occuper de la Tuta absoluta. Pour les novices en maraîchage, la Tuta absoluta c’est un petit papillon, qui ressemble à une mite et qui vient pondre ses œufs dans les tomates ! Cela signifie que le client trouve une chenille toute mignonne dans son fruit, et ça, en général, il n’apprécie pas trop. Agissons le plus tôt possible pour éviter les dégâts. Nous utilisons de la confusion sexuelle. Voici comment cela se présente. C’est un sachet qui se conserve à 5° pendant deux ans tant qu’il n’est pas ouvert.

Tomates

Le principe : L’air de la serre devient saturé de phéromones femelles, les mâles sont incapable de trouver les femelles, et donc de se reproduire. Pour les mettre en place André a d’abord placé des ficelle tous les 10 m², puis je me suis équipée de gants (pour éviter de poser des phéromones un peu partout) et à chaque ficelle j’ai mis un petit bâtonnet de phéromone à environ 80 cm du sol. Dans 3 mois il faudra renouveler l’opération.

Tomates

L’année dernière nous n’avions pas eu de dégâts à cause de la Tuta, donc cette année, si nous suivons les mêmes étapes de pièges, nous espérons que cela fonctionnera. Hé oui, malheureusement il y aura d’autres étapes dans la lutte : des pièges qui les attire et nous permettent surtout de savoir si la Tuta est présente ; et si nous comptons plus d’une dizaine d’individus dans le piège, c’est le moment de passer au traitement ! Même en bio il faut traiter, ce n’est pas magique. André utilise du Bacillus thurigiensis, c’est un insecticide qui tue uniquement les chenilles. Nous y reviendrons plus tard dans la saison !

Il me reste une dernière chose à vous présenter sous serre : les plants. Pour les plants précoces et greffés nous les achetons, mais pour le reste c’est nous qui les produisons. Vous pouvez donc apercevoir deux semis de laitues à des stades différents. À droite le stade 2 feuilles qui sera à planter d’ici une semaine, et à gauche le stade une feuille à planter dans 3 semaines. Nous avons aussi des plants de fleurs dans l’espoir de commencer cette année à mettre en place les bandes fleuries, mais ça je vous en parlerai une autre fois. Pour le moment pas encore d’autres semis à faire, attendons le mois de mai, ça commencera à s’intensifier !

Plants

Author

Diane

Prof de maths maraichère